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La recherche partagée avec l’Université
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Le Centre d’études et de recherches
en arts plastiques (Cerap)
de l’Université Paris 1 (Panthéon-
Sorbonne) et l’Ésamm développent
ensemble un programme
de recherche art/science.
En 2009-2010, il se structure
dans une problématique de travail
intitulée Le pire n’est jamais
certain et concerne la question
de la position du créateur
à l’épreuve des risques majeurs.
La recherche trouve sa restitution
dans un colloque et une exposition.
Enseignants-chercheurs pour
le Cerap : Richard Conte, Olga
Kisseleva, Marion Laval-Jeantet,
Benoît Maire, Yann Toma.
Directeurs de recherche
pour l’Ésamm : Christian Globensky
(LabVIES), Jean-Jacques Dumont
et Christian Debize.
//// La recherche partagée avec l’Université
//// La recherche à l'ÉSAMM
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Problématique
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Les artistes sont souvent comparés
à des sismographes. Au coeur d’une
crise financière dont nul ne connaît
la teneur du dénouement, l’oreille
en alerte d’une pandémie de grippe
porcine annoncée comme planétaire
et ravageuse, nous nous rappelons
que la terre a tremblé en Italie et
que partout les morts ne se comptent
plus, à coups une fois de tsunami
en Thaïlande, une autre, si la canicule
s’abat sur les vieux Européens.
Le temps présent est à la peur,
à la menace quand un risque s’ajoute
aux précédents, les efface un peu
dans des consciences occidentales
aspirant au bonheur individuel.
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Difficile de mesurer les risques
que nous encourons entre nocivité
des ondes électromagnétiques,
présence d’Ogm à décrypter
sur le pot de yaourt au soja,
et plus loin, là-bas, la prolifération
nucléaire militaire, ou encore
tous les Tchernobyl en puissance…
Et puis le Sida qui terrasse l’Afrique
Noire et d’abord les plus démunis.
J’oublie la crainte des nanotechnologies
et la trajectoire
inquiétante vers la terre
d’une énorme météorite en 2013 !
Quant au changement climatique,
il semble inéluctable, même si
le pronostic est à géométrie variable
et sujet à controverses.
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Cette menace
multirisques (comme on dit d’une
assurance), les artistes certes
la ressentent : cette peur,
ils l’éprouvent mais la plupart
subissent les événements, pensant
que les oeuvres n’ont pas prise
sur le déroulement de catastrophes
qui les dépassent puisqu’elles
dépassent souvent aussi les
gouvernements des états concernés.
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Néanmoins, un nombre non
négligeable de créateurs essaient
de trouver les ressources pour que
leur activité ait une incidence sur
ce monde qui va mal. Ils savent,
comme disait Pascal, que de toute
façon, “nous sommes embarqués”
et que les formes de l’engagement
sartrien sont à réinventer. On a vu
ainsi ces dernières années, se fonder
des alliances a priori “contre-nature”
entre des scientifiques curieux,
(des géophysiciens, des astronomes,
des biologistes, etc.) et des artistes
soucieux des affaires de leur temps.
Des lieux se sont ouverts, des
manifestations sont montées ici et là,
des musées fleurissent, travaillant
sur les relations complexes entre art
et science, sur les rapports
improbables entre création
et prospective.
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Alors, à la question “que peut un
artiste face aux risques majeurs ?”,
beaucoup répondront à juste titre :
pas grand-chose ! Pourtant, de fait,
non seulement nombre d’oeuvres
invoquent sous des formes multiples,
l’état du monde contemporain
sous ses aspects les plus violents
et les plus sombres, mais aussi
mettent le projecteur sur des risques
dont on parle peu : disparition
de la forêt primaire en Afrique,
Black-out électriques, etc.
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Il faudra donc partir de ce que
les artistes instaurent, pour renverser
la catastrophe en “Anastrophe”,
Entrer de plain-pied dans
la singularité des oeuvres qui attirent
l’attention et la prise de conscience
de tous sur tel risque majeur, laissé
dans la pénombre ; privilégier le point
de vue qu’une oeuvre diffuse
quelquefois à l’insu de son auteur.
Ces approches nous invitent à partir
des créations réelles et à refuser
de céder aux facilités thématiques
que les oeuvres seraient derechef
chargées d’exemplifier. C’est aussi
poser autrement le problème
de l’engagement, qui loin d’une
démarche opportuniste ou militante
s’enracine chez ces artistes
dans les arcanes de l’histoire
énigmatique de leur travail.
Richard Conte
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Principes d’organisation du colloque
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Il a été décidé par le comité
scientifique représentant
les deux institutions impliquées,
plus le Centre Pompidou, d’inviter
d’une part de grandes figures
de la réflexion sur les problématiques
générales associées à la notion
de risque, et d’autre part
de solliciter des groupes d’artistes
et de scientifiques travaillant
de concert.
Il y aura donc sur trois
jours une série de conférences
générales qui alterneront avec
des interventions très spécialisées
touchant à différents aspects
de la notion de risques majeurs
tels que les artistes, par leurs
oeuvres, en interrogent l’actualité
et les effets. De fait, à huit mois
de ces manifestations, l’ordre
de passage des intervenants,
pour des raisons bien
compréhensibles, n’est pas arrêté.
Cependant les engagements
de principe sont déjà effectifs
pour la plupart des noms
indiqués ci-dessous.
(programme prévisionnel)
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Conférences générales
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> Édouard Glissant Le risque en archipels.
> Isabelle Stengers Résister à la barbarie qui vient.
> Gilles Clément Le jardin planétaire face aux risques majeurs.
> Jared Diamond Comment les sociétés décident de leur disparition ou de leur survie.
> Bruno Latour (Sociologue)
> Christophe Kihm (critique et commissaire d’exposition)
> Peter Sloterdijk (philosophe et écrivain)
> Jean-Marie Pelt (Botaniste, université de Metz) Le risque Ogm.
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Binômes artistes / scientifiques
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> Projet “Conclusive évidence”
qui sera installé à Tchernobyl
au moment du colloque pour
les risques (climatiques, biologiques,
nucléaires, sismiques et idéologiques)
liés à l’intensification de l’activité
humaine
L'artiste Olga Kisseleva et le scientifique Roger Malina
> La déforestation Artistes: Art orienté objet (Marion Laval-Jeantet et Benoît Mangin), Scientifique: Francis Hallé
> Réchauffement climatique et capture du CO2 Artiste : Yann Toma, Scientifique : Alain Bonneville
> Risques nucléaires Nicolas Triscott et Rob La Frenais
> Risques d’urbanisme et de la globalisation Raqs Media Collectif: Monica Narula, Jeebesh Bagchi, Shuddhabrata Sengupta
> Risques publics de la biologie de synthèse Jens Hauser, Oron Catts
> Risques idéologiques Christian Globensky et Thierry Hesse
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L’exposition
7 mai au 4 juillet 2010
Quatre lieux à Metz : Galerie
de l’Esplanade (Ésamm), galerie
de l’Arsenal, église Saint-Pierre-aux-
Nonnains et chapelle des Templiers.
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Il a été décidé par le comité
scientifique représentant les deux
institutions impliquées de concevoir
une exposition de caractère
expérimental, figurant des pièces
non-illustratives de la thématique
proposée, mais situant la connexion
art/science autour de la question
des risques majeurs. La sélection
des oeuvres est issue de trois processus :
- Un appel à projets international.
Cent cinquante-sept projets ont été
réceptionnés et sont rapportés par
les membres du comité scientifique.
Certains d’entre eux seront produits
pour l’exposition.
- Des pièces existantes dans
les collections publiques (Centre
Pompidou Paris, Fonds National
d’Art Contemporain), qui seront
recontextualisées
- Des pièces émanant des recherches
développées au sein du Cerap
et de l’Ésamm (LabVIES).
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La manifestation fait l’objet
d’une demande de soutien des fonds
européens Feder au titre du soutien
à la culture technique et scientifique.
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